Séquence photos d'un début d'hiver
De l'insolite inquiétant à l'esthétique insolite.

Le gardien de la Grotte de Tire-Barbe

Clair de soleil dans la brume du Val Suzon

Fleurage de givre sur pare-brise

Amadouvier

Amadouvier évoquant une danseuse en jupon à volants
Soif

Faute de pouvoir "faire le mur", je n'ai pu me désaltérer ...
Illusions d'optique.
Vue en contre-plongée de l'escalier monumental menant à l'église de Diénay. Cette photo surprend à plus d'un titre. Le bas-côté de pierre ne semble pas disposé en surfaces alternativement horizontales et verticales comme les marches, mais fait plutôt penser à l'indentation écailleuse du dos d'un monstre de la préhistoire. Autre apparence trompeuse : l'arbre qui apparaît disproportionné, dominant cette volée de marches, comme s'il bouchait le ciel de sa vaste ramure.

Encore une bizarrerie!
La nuit qui a suivi cette prise de vue, un cauchemar m'a réveillé. Je me lève pour me libérer de cette oppression et dans mon bureau, pris d'une impulsion soudaine, je prends mon appareil photo pour regarder celles de la veille. Spontanément, je zoome sur l'une d'elles qui me révèle son étrangeté : sur le parement de pierre du bas-côté apparaissent deux personnages chapeautés, imbriqués, quelque peu diaboliques, à l'œil mauvais, semblant vouloir effrayer le fidèle qui monte cet escalier accédant à l'Église. L'on peut observer, tantôt un visage de face, borgne et au long nez, tantôt un autre, de profil, l'index gauche pointé de manière obscène.

Escalier maudit?
Je dois rajouter que lors de cette reconnaissance à Diénay, ma compagne a chuté dans cet escalier et quant à moi, en redémarrant ma voiture stationnée sur un trottoir, j'ai griffé l'avant droit en heurtant une jardinière en grès. De quoi devenir superstitieux ...
Voir d'autres illusions ICI
La Colombière : un parc aux multiples perspectives à l'image du Roi Soleil.
Le descriptif touristique attire l'attention sur le rond point central d'où rayonnent 16 allées. Aux angles du Parc et à mi-distance de ceux-ci , de "petits soleils satellites" sont reliés au rond-point central par les 8 principales allées qui sont dans l'alignement de la Rose des Vents.
Mais pourquoi 16 allées et non 14? Pour préserver le plan, le choix devait se porter sur 8 ou 16. L'élève préféré de Le Nôtre opta pour le nombre supérieur.
Mais la curiosité m'incita à décrypter une symbolique plus aboutie, plus créative : en décomptant les parcelles délimitées par l'intersection des allées de chaque cadran, j'en trouvais 14 d'où mon admiration pour cette mise en œuvre ingénieuse. Hélas, je devais déchanter : j'appris que la piste cavalière permettant de faire le tour du Parc n'existait pas à l'origine. Celle-ci tout au plus, pouvait être considérée comme un cercle plus large, réplique du rond-point central, une onde se propageant, contribuant à cette évocation de puissance. Il n'en demeure pas moins que cette découpe en 14 parcelles inégales semble en quelque sorte éclairée par le rayonnement bénéfique de Louis XIV sur toutes les terres de son royaume, petites ou grandes ...

En 1965, ce temple d'amour du 17e s. provenant du Château de Bierre-les-Semur, fut remonté dans le Parc à l'intersection de 5 allées (se reporter au plan). Malheureusement, comme on peut le constater, la 5e allée, celle parallèle à l'Ouche, a été récemment supprimée.
J'en ai conclu de façon plus triviale que parfois l'on s'illusionne et qu'il est vain de trouver une raison à tout. Autre réflexion que m'a inspiré cette déconvenue : le propre d'une œuvre d'art n'est-il pas qu'on puisse lui trouver des significations auxquelles l'auteur lui même n'avait pas pensé, gage de sa pérennité. Ainsi prend-on plaisir à relire certaines œuvres dont la profondeur nous surprend, découvrant d'autres facettes à leur richesse.
L'on peut conclure enfin, si l'on ne croit pas au hasard , qu'il y a peut-être un "clin d'œil de l'histoire", une coïncidence significative répondant au concept de synchronicité, entre le nombre des parcelles et l'illustre souverain.
M. M
Une "auto-niche", pourquoi pas?

Une "auto-niche", pourquoi pas? : Diogène le cynique (de kunos, "chien") vivait bien dans un tonneau (en fait une grande jarre, car le tonneau est une invention gauloise!). Je ne résiste pas à l'envie de mentionner l'une des anecdotes à son propos . Planté devant sa jarre, Alexandre le Grand, lui demanda ce qu'il désirait. Il répondit : "Que tu t'ôtes de mon soleil". Sa vie durant, il s'est efforcé de faire le contraire de tout le monde. Ainsi comme un chien, il vivait, mangeait et jouissait en public ..., se débarrassant même de son écuelle après avoir vu un enfant boire dans le creux de ses mains.
Epeire diadème sur lierre panaché

L'araignée possède 4 paires de pattes et 8 petits yeux ou ocelles. Face au prédateur, ce qui compte, c'est l'apparence et pas le nombre : 2 faux yeux sur une tête de martien sont-ils un leurre?
Instinct ou intelligence? Illustration

Cette photo, prise au flash en fin de jour, est certifiée sans retouche. Elle résulte en fait d'une frustration. J'observais une petite épeire dans la haie : une mouche, prise dans la toile, déclencha une attaque foudroyante, l'araignée se jetant sur la tête de la victime pour y injecter son venin, seule chance pour elle de neutraliser rapidement la mouche bien plus grande qu'elle, et de s'en emparer.
Effectivement, en quelques secondes, la proie s'immobilise : c'est alors seulement que l'épeire se met à tournicoter et emballer la mouche.
Peut-on parler d'intelligence, en tout cas de comportement adapté à une situation imprévue? En effet, lorsqu'une mouche se prend dans la toile, j'ai toujours observé que l'araignée ligote immédiatement sa proie avant de la déguster en toute tranquillité ou de la garder bien vivante en attente, en cas de réplétion.
Assistant à la scène, je n'avais malheureusement pas mon appareil photo avec moi, et le temps d'aller le chercher à la maison, voilà la photo qui m'est apparue : étrange, cet artefact que je ne m'explique pas : ne dirait-on pas une mouche-sardine? En tout cas, elle n'est pas à l'huile!

Mais la mouche n'est pas en reste en terme de comportement adapté : dans le cas ci-dessus, il s'agit d'un réflexe de sauvetage collectif (peut-être réminiscence de son effort pour sortir du cocon). Dans le bocal empli de sciure, les mouches prisonnières s'efforcent ensemble de trouver l'issue probable en la dégageant. La tentative de déblaiement s'effectue toujours du côté de la lumière comme on peut le constater en tournant le bocal. Les mouches se pressent, parvenant effectivement à s'enfoncer dans la seule partie meuble de leur prison, mais la sciure retombant sans cesse, réduit à néant leurs efforts.
NB : Ne soyez pas éventuellement offusqués : ces mouches, dont la vie n'aurait dû se limiter qu'au stade d'asticots pour pêcheurs, seront libérées et non pas "bombées" (pour compenser la raréfaction préoccupante des insectes volants).
Un peu de folklore : "La Casquette"

La Casquette
Il était une fois
Un chasseur du crû ;
Qui l'eût cru :
Il monta à Paris
Chercher fortune.
Piqueur de boeufs
A la Villette, il devint.
Mais bientôt sans plus de thunes
Il s'en revint ;
Des abattoirs ne ramena
Aucun titre de gloire.
Mais on lui fit la fête ;
Buvons bouvier!
Car avec sa casquette
De retour au pays
Etonna ses amis.
Ce n'était pas celle du père Bugeaud :
Elle ne lui avait guère valu de conquêtes,
Mais sa casquette
Lui allait fort bien
Malgré son teint rougeaud.
Son impressionnant couvre-chef,
Sur la tête, jusqu'à la fin
Il le garda.
C'est pourquoi encore aujourd'hui
Le lieu-dit
Est La Casquette
Dont on voit là-haut la rigide réplique.
Voici ce qu'un vieux bonhomme sympathique
Me confia en ces lieux.
Michel Moriame
Note : "La Casquette" est un lieu-dit bien connu des randonneurs de Côte-d'Or : il se trouve en bordure de la Nationale 71, à l'approche de Cestres et de Saint-Seine-l'Abbaye.
Les boutons de la capucine

Quel est ce farfadet aux cheveux roux et au nez "à la Pinocchio"?
Nos anciens exerçaient leur imagination par l'observation du réel. De nos jours, le virtuel a envahi notre quotidien. Mis à part les touristes pressés, l'on regarde le monde sur écran (géant de préférence) ou l'on communique avec la planète entière (il est vrai qu'il vaut mieux connaître un chinois ou un japonais qu'un voisin acariâtre), mais l'on observe plus guère. Du reste l'appauvrissement de la biodiversité ne stimule plus autant notre curiosité. Au Moyen-Âge, l'on fantasmait sur ce qui nous entourait et les moines à capuchon, les Capucins, étaient familiers aux gens d'autrefois. Qui à vrai dire détenait le savoir, qui nommait les plantes de façon pittoresque, si ce n'est les clercs bien avant les botanistes, qui parlaient "en latin". Aussi, par métaphore, cette plante qui pousse vigoureusement et fleurit tout l'été, a été nommée capucine d'après la forme de ses fleurs en bouton. L'élément cap, désigne à la fois la tête (caboche; cabot désignait à l'origine un chien à grosse tête), ce qui la recouvre partiellement ou entièrement (capuche, capuchon et cape, "manteau à capuchon"). La capitale est ce qui se trouve "à la tête" ... Pour l'anecdote, s'échapper, c'est tromper ses poursuivants par surprise "en se débarrassant de sa cape" (ou chape; cf échappatoire). L'élément prépositif in/ine indique l'origine, l'appartenance, associé à une base nominale (Ex : chevalin, ine , est ce qui se rapporte au cheval). Descendez dans votre jardin si vous avez la chance d'en posséder un : vous regarderez cette plante d'un autre œil. Sachez aussi que les boutons et les graines confits au vinaigre sont un condiment apprécié.


