Naissance d'épeires

Combien survivront-elles? En tout cas, l'une prend la pose, tandis que d'autres s'exercent à "monter au filet".
Après la pluie du petit matin

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Attention : fourmilière!

La fourmilière n'est pas loin et toute proie, même cuirassée, serait appréciée.
Une fourmi est parvenue à s'accrocher à l'une des pattes d'un carabe de passage qui ne peut s'en défaire. Elle compte sans doute sur d'autres pour immobiliser l'insecte. La "machine de guerre" ne peut protéger ses arrières ! Hors de portée de ses mandibules, le carabe ne peut que la traîner jusqu'à ce qu'elle lâche prise à force d'être malmenée.
Origami d'un pingouin
Je ne savais trop quoi faire de mes 10 doigts et j'ai pensé à mes petits-enfants ! J'ai détaché une feuille carrée d'un bloc-note posé sur le coin encombré de mon bureau. Je n'avais pas d'intention précise et machinalement, j'ai commencé à plier, déplier, replier. C'est alors que des ailerons se sont formés ; aux extrémités, la tête et les pattes ont suivi : ce fut l'acte de naissance d'un pingouin bien stable. Avoir des petits-enfants, c'est revivre un peu sa propre enfance.
Afin que vous puissiez à votre tour créer ce sympathique animal, j'ai décomposé ci-dessous les diverses phases du pliage. J'aurais pu, certes, faire un cou un peu moins long et arrondir le crâne … A vous de jouer et de rectifier.

La larve du ver luisant
Tiens tiens! un contenu intéressant!
Revêtue de son armure chitineuse articulée, la larve du ver luisant s'attaque aux limaces et escargots, s'avérant l'allié du jardinier. Perçant au besoin la pellicule de protection de l'escargot et insensible à sa bave, elle injecte un venin qui le paralyse et liquéfie ses chairs : il ne reste plus qu'à déguster (sans persillade toutefois!).

Le mâle, à l'inverse de la femelle qui garde le même aspect larvaire, est pourvu d'ailes.


Le festin se partage : les occasions ne sont pas si fréquentes.
Suggestion : si vous souhaitez voir, en début d'été, comme au temps de notre jeunesse, poindre des lumignons phosphorescents dans votre jardin, épargnez quelques limaces et escargots ...
Festival lumineux (pour bien apprécier l'image, la voir en haute résolution)
L'abeille ne rentrera pas au rucher

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Thomise au faciès inquiétant de clown blafard, les pattes écartées comme celles d'un crabe, au cœur d'une fleur de capucine défraîchie. La couleur des pétales, variant du jaune clair à l'orangé, convient bien au mimétisme de cette araignée.

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La thomise a migré sur une corolle plus fraîche. Le piège a fonctionné : l'abeille est pourtant plus volumineuse que l'araignée. Des moucherons opportunistes sucent les exudats de la proie.
Le gerris
Le gerris est également nommé "patineur d'eau" ou "puce d'eau".
Il vit en colonies. Son identification est difficile car il en existe 500 espèces polymorphes.
Ci-dessous, sur eau stagnante : nymphe encore dépourvue d'ailes, montrant son corselet

et couple en appui sur feuille de nénuphar : le mâle profite de l'appétit de la femelle!
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Les gerris que l'on peut voir en bordure de Saône mesurent jusqu'à 1,8 cm et sont adaptés aux eaux courantes.
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Flash sur bestioles insolites

L'on comprend les arachnophobes! Les traits lumineux résultent du reflet du flash sur les 2 gros yeux médians de la Marpissa muscosa, lui donnant un aspect encore plus effrayant alors qu'elle est inoffensive pour l'homme. Cette araignée , très voisine de la Saltique, en diffère par sa plus grande taille et son céphalothorax plus important. Ses poils épais et denses lui font comme une fourrure. L'une et l'autre sont des araignées sauteuses : elles s'approchent au plus près de leur proie sur laquelle elles sautent.
Voir aussi dans le Site "randos-en-bourgogne" la page consacrée aux araignées, dont la Saltique.

Quant à cette chenille, elle est, elle aussi, bien inoffensive, car non urticante, sa peau étant dépourvue de pilosité : il s'agit de la Cucullie sur sa plante hôte favorite, la Scrophulaire. Le papillon doit son nom à une cuculle, crête de longs poils en forme de capuchon surmontant le haut du thorax (famille des Noctuelles). Atteignant 50 mm de longueur, on la reconnaît à ses taches jaunes ponctuées de gros points noirs sur fond d'un blanc délicatement bleuté.

Son masque mortuaire facial, saisissant, mis en valeur par le flash.
Les avatars secrets d'un méloé
Je
ne connaissais pas le méloé, pas plus que le sitaris... et vous non plus sans
doute. Ce coléoptère est réparti à travers toute l' Europe, essentiellement
dans les régions montagneuses. Et c'est dommage de le méconnaître car sa
perpétuation tient du miracle tant elle est soumise aux aléas (les mécanismes
de la sélection naturelle des espèces semblent en ce cas bel et bien pris en
défaut). J'en ai rencontré un spécimen en randonnée, non loin de Gergueil, en bordure de chemin
forestier. L'on présente l'adulte comme lourdaud, peu réactif. En tout cas, ce
n'était guère le cas du mien que j'ai eu quelque difficulté à photographier à
cause même de sa vivacité! Autre surprise, à posteriori : l'ayant manipulé sans
précaution, il aurait dû se défendre à sa manière, très particulière. Peut-être
que ce trompe-la-mort, pressentant que je lui laisserais la vie sauve, ne s'est
pas "saigné aux quatre veines"!
Voici sa défense : la production d'un liquide
toxique suintant de la bouche et des articulations (sorte de saignée réflexe
dite autohémorrhée). Cette excrétion contient de la cantharidine d'une toxicité
analogue à celle de la strychnine. L'on cite le cas d'un crapaud surpris à
recracher aussitôt sa proie à peine mise en bouche... En l'occurrence, il
aurait été pour moi tout à fait contre-indiqué de croquer ce gros insecte pour
sa richesse en protéines comme certains me l'avaient suggéré par plaisanterie!
C'est la cantharide dite improprement Mouche d'Espagne appartenant également à
la famille des Méloïdés qui détient le plus de cette substance toxique utilisée
comme poison et comme médicament aphrodisiaque par les médecins de l'Antiquité
et de la Renaissance : elle exerce un effet très fâcheux sur les reins – 0,03 g
seulement de cantharidine étant mortel pour l'homme.
Les
2 espèces les plus connues sont le méloé violet (Meloe violaceus) et le méloé
printanier (Meloe proscarabaeus) La
1ère espèce est d'un bleu violacé, la seconde noire.

Celle-ci
a une tête (et un pronotum -1 ) plus larges et nettement ponctués donnant une
apparence grêlée; les élytres sont courtes et s'écartent comme des basques. Le
spécimen présenté ci-dessus est une femelle : taille plus grande que le mâle dont
les antennes sont coudées ; celui-ci a
une excroissance à son extrémité
abdominale qui est l'organe reproducteur. Les bandes abdominales évoquent des
plaques métalliques comme celles des armures qui seraient fixées sur les côtés
par des rivets (en fait, points latéraux visibles sur la photo)
1-pronotum :
partie supérieure du prothorax des insectes (autrement dit, partie
intermédiaire entre la tête et le thorax).
Reproduction
des méloés
Le
scénario s'avère bien complexe. D'abord, une grande quantité d'œufs est pondue
puis enterrée : plus de 4000 lors de la 1ère ponte, suivie de
plusieurs autres, certes un peu moins fournies. A l'éclosion , les triongulins, nommés ainsi car ils sont
munis de pattes portant 3 ongles griffus,
ne volent pas plus que leur mère. Ils se déplacent aussi grâce à leurs
mandibules et à une papille anale. Très petits, ils se précipitent sur les
fleurs, principalement des Composées : le temps presse pour eux, car ils ne peuvent manger avant d'avoir atteint
leur but. Celui-ci consiste à se cramponner aux poils d'une abeille venant
butiner l'inflorescence (on les appelle à ce stade, "poux des abeilles").
Mais, hélas pour eux, ils se fixent
aussi sans discrimination sur des insectes qui les mènent ... à leur perte,
n'étant pas nidifiants.
Parvenu
par chance au domicile de l'insecte
parasité (le plus souvent l'abeille maçonne), le triongulin doit encore patienter alors qu'il est à jeun : ne se détacher de l'abeille qu'à l'instant
précis de la ponte, dans une alvéole, d'un œuf pour s'y agripper comme à une
bouée pour éviter de s'engluer dans le miel! Là, son premier travail est de
dévorer l'œuf dont l'enveloppe vide va lui servir de radeau. Une 1ère
métamorphose se produit bientôt : la larve prend une toute autre allure , celle d'un petit ver blanc et
flottant, de plus en plus dodu, sans pattes et qui poursuit sa croissance en se
nourrissant cette fois du miel. L'ultime métamorphose survient enfin : celle de
l'imago ou insecte parfait, qui lui, se nourrit de pollen. C'est pourquoi
Jean-Henri Fabre qualifie ces transformations d'hypermétamorphoses.
Cette
complexité laisse perplexe. En effet, pourquoi de telles complications dans la
nymphose? L'on est à la fois admiratif devant tant d'ingéniosité et dérouté par
ces détours de l'instinct. Le sitaris, espèce voisine, a une stratégie plus
adaptée, moins aléatoire : "Ce coléoptère dépose ses œufs à l'entrée des
galeries souterraines que creuse une espèce d'abeille, l'antophore [abeille
maçonne]. La larve du sitaris, après une
longue attente, guette l'antophore mâle au sortir de la galerie [ceux-ci
émergeant généralement avant les femelles], s'y cramponne , y reste attachée
jusqu'au "vol nuptial" ; là, elle saisit l'occasion de passer du mâle
à la femelle, et attend tranquillement que celle-ci ponde ses œufs"
("L'Évolution créatrice" d'Henri Bergson)
Alors
que l'on craint la disparition des abeilles victimes des pesticides, l'on voit
bien aussi que tout est interdépendant :
plus d'hyménoptères, donc plus de méloés, et surtout plus de pollinisation ...
M.M.
Réf. : "Souvenirs
entomologiques" de Jean-Henri Fabre
Le triton commun
Triturus vulgaris
En ce début de printemps, profitant enfin d'une période sans pluie, je réaménage une partie de mon jardin. Et voici ce que je découvre en soulevant un bloc rocheux.
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
Non, ce n'est pas un charnier mais un refuge de tritons ayant trouvé là, bien à l'abri du gel, de quoi hiberner : fort heureusement pour leur survie, je n'ai pas entrepris le travail au commencement de la mauvaise saison. Ils sont agglomérés, adultes et jeunes, dans une promiscuité totale : quand l'emplacement est favorable, l'on s'y presse! Ils peuvent vivre une dizaine d'années et deviennent adultes au cours de leur troisième année.
Cette mise au jour est brutale, et ils sont encore engourdis dans un lacis de racines. (Excusez moi pour ce réveil un peu prématuré). J'en ai recueilli une cinquantaine pour les poser au bord de l'eau où la chaleur du soleil a tôt fait de les réveiller.
L'espèce est protégée. Quant à moi, je la surprotège! S'ils sont nombreux, c'est grâce ou à cause de moi : à la belle saison, je nourris les poissons rouges avec des sticks. Au début, les tritons dédaignaient cette nourriture inerte : ils se nourrissent d'insectes aquatiques et de vers de vase. Il faut que la proie bouge. Mais l'adaptation est étonnante : depuis 2 ou 3 ans, certains ont goûté (par hasard?) à cette nourriture insolite mais abondante. Ils l'ont apparemment trouvée à leur goût, car à présent, je possède des tritons "mangeurs de sticks".
J'aurai encore le loisir, cet été, d'observer leur parade nuptiale : les mâles, la queue repliée et frétillante s'affairent autour de la femelle. Une fois fécondée, celle-ci ira déposer un à un ses œufs au revers des feuilles qu'elle replie en les collant, pour les protéger.
A la fin du printemps, le triton quitte le milieu aquatique pour la terre ferme, dans les lieux frais et humides, car leur peau fine et fragile ne pourrait longtemps supporter l'ardeur du soleil (l'essentiel de ses échanges gazeux s'effectuant par la peau).
M.M.





