Qui ne se souvient, parmi les anciens, de la promotion de l’éditeur Larousse pour ses dictionnaires: un dessin figurant une jeune femme soufflant sur un capitule de pissenlit et sous-titré "Je sème à tout vent". Déjà, peut-on objecter qu’il s’agit là de mauvaises graines. Soit, mais s’agissant de notre propre semence, le coq gaulois peut fièrement parader: les mâles français sont les plus prolifiques d’Europe, prouvant ainsi un indéniable dynamisme et un incorrigible espoir en un avenir meilleur (certes, enfanter peut apparaître comme un remède à la crise, mais à terme, tellement illusoire). Là encore, s’agit-il de bonne semence? L’on en doute, sachant qu’en 50 ans, la spermatogenèse a diminué de moitié, que les diabétiques sont toujours plus nombreux puisqu’à présent, ils peuvent procréer grâce au progrès médical, qu’il y a de plus en plus d’allergiques, que le nombre de jeunes enfants cancéreux augmente chaque année d’environ 3%, avec même une accélération de cette tendance depuis 2010 (ceux-ci victimes de l’ingestion par la mère d’une alimentation dégradée, de l’inhalation d’un air pollué par les particules du diesel et le tabac), le tout attestant d’une descendance de moins en moins rustique.

Outre la "petite graine déposée dans le ventre de la maman", selon la formulation recommandée par les pédiatres attitrés, l’on peut évoquer aussi le record des semenciers français qui, devançant les États-Unis, sont devenus depuis peu, les champions du monde de l’exportation des semences de plantes potagères.

Après le retrait du Pape fatigué et désabusé", qui, selon Guy Carlier, laisse le monde s’agiter, en proie aux diables, ces performances propres à notre pays, devraient nous redonner le moral. Quoique, faut-il vraiment se réjouir de contribuer à la surpopulation, aggravant encore l’empreinte écologique?

 

"Croissez et multipliez": l’injonction se concevait à une époque où l’humanité n’était pas encore assurée de sa pérennité.

Interrogez un éthologue sur les effets de la surpopulation animale: il suffit de transposer au monde humain et vous avez déjà les conséquences que chacun peut constater et redouter. Mais, me direz-vous, nous ne sommes pas des bêtes sauvages. Certes, mais force est de constater que la religion qui devrait susciter plus d’humanité, s’avère non seulement un facteur d’incompréhension et d’intolérance, mais de barbarie. Des jeux du cirque antiques à l’amputation croisée islamiste, hélas, où est le progrès de la civilisation contemporaine ?

Égrenez vos chapelets, s’il vous plaît, mais réservez votre semence.