Je ne suis pas venu dans cette grande surface pour acheter un climatiseur : réflexe éco-citoyen et aussi crainte d'un appareil bruyant qui, en contrepartie d'une température agréable, risque de me priver d'un bien inestimable, le silence (j'en connais qui ont mis au placard leur acquisition pour cette raison). Si le confort thermique doit se payer par une nuisance sonore, je préfère encore me rafraîchir  de temps à autre grâce aux moyens naturels : l'ombre, l'eau et la tenue légère ...
Pourtant, l'obligation des courses rend les grandes surfaces climatisées plus attractives : l'on y trouve certes la foule, mais aussi la fraîcheur. Aussi, j'étais dans une bonne disposition d'esprit après avoir effectué mes achats. Mais tout à coup, mon humeur s'est assombrie en voyant les caisses automatiques où des clients pressés, mettent à profit cette nouvelle opportunité sans se rendre compte qu'ils font le jeu du marketing et participent à la suppression programmée des caissières (ces personnes sont sans doute les premières à se plaindre du chômage grandissant sans réaliser qu'elles y contribuent). Les caissières auront bientôt disparu, comme les pompistes, et rejoindront les métiers d'autrefois...
J'ai payé les emplettes  : la caissière me dit un énième au revoir en me tendant le ticket de caisse, mais les yeux baissés, comme si je n'existais pas. Je suis certes un anonyme mais j'ai l'impression de ne pas être même une personne. Je ne demande pas un sourire qui serait sans doute forcé, mais un simple regard, celui par exemple de la boulangère quand elle vous rend la monnaie. Ces yeux baissés ne sont pas ceux d'une timide qui n'ose pas lever les yeux. Quand je rencontre quelqu'un, qu'il s'agisse d'un ami ou d'un inconnu, je ne lui parle pas les yeux baissés, que diable! Je me suis dit alors, qu'il n'y avait pas grande différence entre cette caissière vivante et une caisse automatique ...
Il est vrai que ma mauvaise humeur avait débuté alors que je faisais la queue derrière un couple de maghrébins : j'avais remarqué sur le tapis une préparation hallal. Où est le mal diront peut-être certains : sachez âmes sensibles, que l'animal n'est pas étourdi. Il est égorgé bien vivant au nom de Dieu, pour d'obscures raisons religieuses. Sous prétexte de coutumes ou de traditions difficilement justifiables, l'on admet des dérogations : je comprends la réprobation des amis des bêtes. De plus, n'oubliez pas mesdames qui mangez hallal, que le sang est la meilleure source de fer, forme la plus biodisponible.
Et en voyant cette préparation, me revenaient des souvenirs d'enfance : ma grand-mère du côté paternel, mettant la corde au cou du lapin sacrifié qu'elle suspendait à la clenche dans l'arrière cour : je crois encore entendre le bruit de ses pattes heurtant frénétiquement le bois de la porte durant les secousses de sa lente agonie, et de l'autre mon grand-père du côté maternel qui, après avoir longuement caressé le lapin qu'il tenait dans ses bras comme un bébé, lui brisait la nuque, entraînant sans souffrances, la mort immédiate. Il n'allait pas à la messe, et pourtant, c'était un être humain accompli : il avait l'intelligence du cœur.                                                                         M.M.

Mobilisation des défenseurs de la cause animale : lettre ouverte au Président de la République

Le Parlement européen se prononce pour la mention obligatoire de l'abattage sans étourdissement : http://www.ripostelaique.com/spip.php?page=article_pdf&id_article=4739

Citation  :
"On n'est point toujours une bête pour l'avoir  été autrefois"    Diderot