Les chasseurs pourront ne plus se contenter de chasser le gibier puisqu'ils disposent désormais d'une arme nouvelle  dite "obstruction à la chasse" : ils auront le droit de poursuivre tout individu s'opposant à leur activité. Le verbe est approprié puisque la chasse à courre vient de se trouver confortée (Note 1 de fin d'article). Le lobby s'avère donc très efficace et le clientélisme fait loi : l'on s'y entend pour pratiquer la chasse ... aux voix. Sachant l'importance du libellé juridique, je note l'expression : "obstruction à un acte de  chasse" : curieusement, l'on a omis de préciser "à courre", ce qui n'est certes pas un oubli. Dans l'esprit de certains, il va sans dire que la portée pourrait ainsi en être étendue à tout type de chasse. Après avoir obtenu la suppression des jours non susceptibles d'être chassés (il n'y a pas si longtemps, en Côte-d'Or, c'était le cas du mercredi), cette caste dont les membres sont très influents et en général aisés, ont toute latitude pour occuper le terrain au détriment des promeneurs et randonneurs. De défaites en reculs, ceux-ci ont l'impression d'être les mal-aimés de l'Autorité. Il y a peu, la pratique de la chasse silencieuse à été prolongée, même durant les mois d'été. Pourra-t-on un jour se prévaloir d'un décret portant sur "obstruction à la randonnée"?
J'entends bien que dans les villes nouvelles, l'on prévoit de plus en plus souvent pistes cyclables et aménagements (le plus souvent goudronnés) pour la promenade. Mais qu'en est-il du désir de s'évader, de s'aérer et de marcher en pleine nature? Les PR et les GR ne donnent guère de droit comme l'on pourrait s'y attendre : la nature est pourtant suffisamment vaste pour que les chasseurs évitent de s'y poster, rendant aléatoire notre activité (hélas pour nous, sans enjeu économique). L'on est bien loin de la socialisation de la nature. Pour l'exercice de son activité, le chasseur rêve d'une pratique totalitaire : certes, il a besoin de l'espace, mais alors, il serait tout à fait normal que son activité soit limitée dans le temps, même en période de chasse (nous avons en pure perte, signé des pétitions pour l'interdiction de celle-ci le samedi ou le dimanche...)
L'on a l'impression, qu'au détriment de la majorité silencieuse, l'on favorise certaines catégories qui, elles, savent se faire entendre. L'on protège davantage le chasseur, promu super-citoyen, plutôt que le promeneur pacifique. Je devine déjà la joie malsaine de certains, pleins de morgue, se disant : "On les a bien eu, ces écolos! Ils n'auront plus qu'à la fermer!" . Ce pseudo droit de poursuite judiciaire pour obstruction, jusqu'où ira-t'-il? Et l'on sait qu'il se trouve toujours des juges pour défendre l'injuste en mettant à profit des lois et règlements discutables. Je m'adresse à ceux qui peuvent s'opposer à ce décret inadmissible : il faudrait qu'il soit considéré comme abusif et "retoqué" par le Conseil d'Etat. En tout cas, les médias semblent se désintéresser de notre cause et il n'y a pas assez d'activistes dans nos rangs pour faire contrepoids . L'amoureux de la nature, de la diversité biologique, devant la survalorisation douteuse d'une activité archaïque, affecté par le mauvais temps et les mauvaises nouvelles sociétales, n'a pas le moral au beau fixe.
Le Randonneur dans l'âme qui rêve d'aller à l'aventure, simplement à la découverte, comme on le faisait autrefois avec la perspective excitante de "pouvoir se perdre", il faudra  peut-être y renoncer complètement. L'on a déjà tout prévu pour nous et surtout "intra-muros" : certes, une demi-heure de marche par jour est bonne pour la santé du citoyen ... mais n'oublions pas qu'une "journée de sentier, c'est une semaine de santé".

Autre gibier de longue date : l'automobiliste (Note 2 de fin d'article concernant le nouveau tarif des infractions au code de la route applicable dès début juillet). Dans le contexte actuel où l'individu est dans sa majorité de plus en plus brimé, l'on assiste à une dérive sécuritaire dans un contexte angoissant pour les générations montantes, la démocratie est malade de toutes les injonctions et de tous les excès justifiés par le seul pouvoir de l'argent.

Enfin, les poursuites du lobby des pharmaciens, alors que les médecines naturelles et la phytothérapie suscitent de plus en plus l'engouement du public : les pharmaciens montent au créneau, voulant s'assurer le monopole de la vente, notamment des plantes médicinales (du reste en vente libre dans l'Union Européenne), sous couvert, là encore de sécurité. Ainsi la sévérité de ces (in)attendus pour l'exemple, de 2 arrêts de la Cour d'Appel de Lyon (février 2010), condamnant 3 prévenus à verser chacun 25000 euros de dommages à l'Ordre et à détruire tout leur stock. Le but est bien de décourager, de faire peur, sachant qu'un choc frontal médiatique leur serait défavorable. Objet du délit : vente de vitamine C, de magnésium, de vitamines B, d'un sirop à base de bourgeons de pin, de violette et de propolis, d'un élixir circulatoire à base de vigne rouge et de myrtilles...(des drogues violentes?)

En conclusion, j'espère ne pas risquer une amende de 5e classe pour mes propos. Merci M. Borlo, expert en cohésion sociale, et consorts. Vive le Grenelle de l'Environnement! Mais sachez que je ne suis pas anti-chasse primaire. Je ne dis pas cela pour me disculper : je souhaiterais seulement que cette activité soit plus justement encadrée et que le chasseur ne se taille pas "la part du lion" (Je comprends mal toutefois que l'on puisse éprouver du plaisir à tuer).
                                                                           M.M.

Note 1  (Extrait de "Rue 89")
Le décret a été arraché par les chasseurs.
Désormais, les gendarmes pourront immédiatement verbaliser, et au tarif fort (1500 euros) d'amende. Jean-Louis Borloo, ministre de la Chasse en même temps que de l'Environnement, a donné raison aux chasseurs plutôt qu'aux défenseurs des animaux...
« Alors que 73% des Français sont opposés à la chasse à courre, selon un sondage Sofres de 2005, alors que l'Assemblée nationale a rejeté la création de cette infraction, le ministre publie un décret de complaisance (4 juin 2010).
Il ferait mieux de s'interroger sur l'abolition de la chasse à courre plutôt que de punir ceux qui s'y opposent. »
Le puissant lobby de la chasse a toujours réussi à bloquer toute proposition de loi. Et du coup, la France est devenu une exception en Europe. Cerfs, chevreuils, sangliers, renards, lièvres, lapins sont abondamment poursuivis par des hordes de chiens dans les forêts françaises. Mais pas en Angleterre, en Allemagne et en Belgique, où la pratique est interdite.

Note 2 : Voici le best of  des sanctions pour infractions au code de la route au 1er juillet 2010, communiqué par un ami (par contre, bravo pour une sévérité accrue envers les alcooliques et les drogués et les amendes, enfin modulées en fonction de la vitesse...)

LES FAUTES DE CONDUITE :
Petit excès de vitesse : 1 point et 68 euros pour moins de 19 km/h .
Gros excès : 3 points et 135 euros entre 20 et 39 km/h .
4 points et 135 euros entre 40 et 49 km/h .
6 points et 1500 euros maxi entre 50 km/h et plus.
Ceinture : 3 points et 135 euros ;
Téléphone : 2 points et 135 euros.
Stationnement : 3 points et 135 euros
Dépassement: 2 points, si vous accélérez ou refusez de serrer à droite lorsque vous êtes sur le point d'être dépassé
3 points et 135 euros  : lorsque vous doublez sans clignotant ou trop près d'un piéton (ou d'un cycliste....) ou,  sans possibilité de vous rabattre vite ou, en faisant une queue de poisson ou, alors que vous êtes déjà sur le point d'être devancé.
Feu Rouge ou « STOP »: 4 points et 135 euros
Alcoolémie : 6 points d'office, jusqu'à 9000 euros
Petite alcoolémie 135 euros: Taux d'alcool compris entre 0.5 et 0.8g/l de sang soit de 0,25 à 0,40 milligramme par litre d'air expiré.
Grosse alcoolémie jusqu'à 4500 euros. Délit passible également de deux ans de prison maxi, pour un taux d'alcool d'au moins 0,8 gramme par litre de sang, soit de 0,4 milligramme par litre d'air expiré.
La sanction est identique en état d'ivresse manifeste ou si vous refusez de vous soumettre au test.
En cas de récidive (ivresse manifeste ou de nouveau refus du test ), la peine maxi est doublée ( jusqu'à 9000 euros et 4 ans de prison).
Priorité: 4 points et 135 euros.
Sans clignotant: 3 points et 35 euros si vous changez de direction ou si vous sortez d'une place de stationnement
Eclairage : 4 points et 135 euros si vous circulez sans éclairage de nuit ou par visibilité insuffisante.
Distance de sécurité: 3 points et 135 euros.
Ligne continue : 1 point et 135 euros  si vous la chevauchez, 3 points et 135 euros si vous la franchissez.
Sens interdit : 4 points et 135 euros.
Autoroute : 3 points et 35 euros quand vous circulez sur la bande d'arrêt d'urgence, 4 points et 135 euros si vous faites demi - tour ou effectuez une marche arrière.
Détecteur de Radars : 2 points, jusqu'à 1500 euros.

LES DELITS: 6 points, jusqu'à 30 000 euros et 5 ans de prison.
Conduire malgré une suspension de permis ou refuser de le remettre jusqu'à 4500 euros et deux ans d'emprisonnement.
Plaques : jusqu'à 3750 euros et 5 ans de prison lorsqu'elles sont fausses.
Fuite : après un accident ou un refus d'obtempérer, jusqu'à 30 000 euros et 2 ans de prison.
Blessures involontaires : avec interruption temporaire de travail de moins de trois mois: jusqu'à 30 000 euros et 2 ans de prison.