Le droit de chasser le gros gibier était l'apanage de la noblesse (de même que la possession d'un colombier). La chasse à courre témoigne encore de nos jours de ces temps révolus.
L'image prestigieuse du noble chasseur sur ses terres est bien ancrée dans nos mémoires et bien que la chasse se soit démocratisée, le prix des bagues et la location de zones giboyeuses telles qu'on en trouve dans le Châtillonnais (d'un meilleur rapport que la sylviculture) reste prohibitifs pour beaucoup. Ce "sport" bénéficie encore pour certains, du prestige de l'histoire et de celui des armes. Aussi avons nous tendance à faire allégeance aux chasseurs, les considérant à tort comme disposant à leur gré, du territoire qu'ils occupent. Ne nous laissons pas impressionner outre mesure. D'abord, tous les chasseurs ne sont pas des "viandards"; certains peuvent être sympathiques et compréhensifs. Après tout, à l'exception des végétariens, nous sommes tous complices des tueurs du monde animal, et de ce point de vue, nous n'avons pas de leçons à donner aux chasseurs.

Nous ne sommes pas démunis face à cette activité de chasse car " le tir, à une distance inférieure à la portée du fusil, en direction... des chemins... , est interdit". Cette disposition de l'Office National de la Chasse et de la Faune sauvage (ONCFS), ignorée de la plupart d'entre nous car souvent occultée, entraîne d'importantes conséquences.

1) Quand un chasseur est posté, dos au chemin, sur le bord droit ou gauche en fonction du plan de chasse, s'il n'a pas touché le gibier avant sa traversée, il doit renoncer à tirer dès lors qu'il l'aperçoit  dans l'axe du chemin ou de la ligne. Il ne devrait pas y avoir accident, car il y a interdiction de tir dans ces circonstances, impliquant également le respect de la "règle des 30°".

2) Nul chasseur n'a le droit de vous inquiéter si vous êtes sur un chemin, que ce soit en rase campagne ou dans les bois (à l'exclusion certes, des sentes et sentiers). Le marcheur peut circuler sur tout chemin non privé dès lors qu'il s'agit d'un lieu de passage (entrent dans cette catégorie, bien évidemment les chemins ruraux). En présence d'un chasseur, donc porteur d'une arme, celui-ci a tendance à vous décourager, à vous intimider si vous passez outre, en faisant valoir votre sécurité. Il n'est pas fondé à vous interdire le passage. Bien entendu, il n'est pas question de le provoquer par une traversée en pleine battue : l'excitation est dangereuse et  il suffit... de patienter. Et, pour les plus pusillanimes, sachez que les accidents de chasse sont bien plus nombreux entre chasseurs qu'avec les marcheurs (90% en 2007, essentiellement lors des battues au sanglier, par non respect du tir fichant ou plongeant permettant à la munition de se ficher dans le sol au cas où elle manquerait le gibier).
    
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