"Plus l'on transpire, plus l'on doit boire". Pourquoi mettre en doute ce qui apparemment relève de l'évidence? Ne serions nous pas victimes d'un conditionnement partagé?

Quelques personnes ont mis en doute le bien fondé de ma position sur l'effet préjudiciable de l'excès de boisson ...  à contre-courant de l'opinion et du marketing. Soyons concrets et précis et pour convaincre, rien de tel que le recours à la physiologie et ses incontournables données qui semblent paradoxalement inconnues ou négligées par le corps médical lui-même. L'hydratation optimale (euhydratation) résulte d'un équilibre dynamique :

1.    Taux normal de sucre dans le sang : 1 g par litre. Or, si nous buvons en excès, cette concentration va diminuer, pouvant même provoquer un coma mortel chez notamment les personnes âgées dont les mécanismes d'adaptation et de défense sont amoindries.

Le corps, pendant tout le processus, réagit par une forte transpiration pour éliminer cet excès d'eau afin de rétablir l'homéostasie sanguine.

Malencontreusement, l'on préconise de boire beaucoup, ce qui à vrai dire semble logique. Or ceci a l'effet inverse de celui recherché et s'avère en fait préjudiciable à l'individu.

2. Taux normal de sodium dans le sang : 3,25 g par litre, ce qui équivaut à 9 g de sel marin. Par le même mécanisme que précédemment, plus cette teneur diminue et plus cette transpiration salutaire s'active pour ramener la concentration à son taux normal.

Lorsque le sodium et le sucre atteignent un taux trop bas, le pronostic vital est engagé : l'association des 2 causes est catastrophique.

C'est pourquoi les services d'urgence ont pu sauver de nombreuses vies durant la canicule 2003,  grâce au sérum physiologique glucosé, alors que beaucoup d'autres personnes, dans les maisons de retraite notamment, sont décédées, parce qu'on les a forcées à boire à l'excès (et non par défaut de boisson comme on l'a insinué). Le but n'est pas de compenser la transpiration, mais surtout de ne pas transpirer anormalement.

Je ne voudrais pas me livrer à des rapprochements et des conclusions hasar-deuses. Cependant, l'étymologie de "fourbu" n'est pas dépourvue d'intérêt :
Fourbu, e (1546); participe passé de l'ancien français forboire (fors et boire) : "boire hors de saison [et de raison], à l'excès"; par extension "se fatiguer par suite d'excès de boisson (Grand Robert).
D'autre part, l'on peut en général se fier à l'expérience et au bon sens de nos anciens.
Les palefreniers s'étaient aperçus que la fourbure (congestion inflammatoire des tissus du pied du cheval, l'empêchant de marcher) pouvait provenir d'une absorption d'une grande quantité d'eau froide par un cheval en sueur.
Apparemment, boire beaucoup ne réussit pas mieux au cheval qu'à l'homme, cependant  je n'irai pas jusqu'à dire que trop boire peut handicaper le marcheur, mais simplement que tout excès est préjudiciable.... 


En conclusion, en cas de forte chaleur, apprenez à éviter de transpirer pour garder votre eau,  en salant suffisamment et en mangeant et buvant un peu plus sucré que d'habitude.

 

Se reporter également à la boisson préconisée par le Professeur Belleville (UTB de Bourgogne)