Mouche1

Ce n'est pas une mouche hydrocéphale : celle-ci vient de se dégager de sa pupe. Dépourvue d'un bec comme le poussin ou de mandibules, elle rompt l'extrémité de l'enveloppe qui la maintenait prisonnière en gonflant le devant de sa tête en un mouvement rythmé (cette élasticité disparaît peu de temps après, en fait, dès que ses ailes bien déployées lui permettent de s'envoler).

Ce même mécanisme ingénieux entre en action pour permettre à l'imago de traverser la croûte de fiente séchée. Cette "machinette" s'applique tant à la mouche verte qu'à la mouche bleue.

Je ne peux résister au plaisir de vous citer une extrait du passage décrivant le phénomène dans les "Souvenirs entomologiques" de Jean-Henri Fabre , ce génial et inspiré observateur des insectes :

"Pour émerger de dessous terre après l'éclosion de l'insecte parfait, ... la Mouche bleue [se disloque] la tête en deux moitiés mobiles qui, boursouflées de leur gros oeil rouge, tour à tour s'éloignent et se rapprochent. Dans l'intervalle surgit et disparaît, disparaît et surgit, une volumineuse hernie hyaline. Lorsque les deux moitiés s'écartent, un oeil refoulé vers la droite et l'autre vers la gauche, on dirait que l'insecte se fend la boîte crânienne pour en expulser le contenu. Alors la hernie surgit, obtuse au bout et renflée en grosse tête de clou. Puis le front se referme, la hernie rentre, ne laissant de visible qu'une sorte de vague mufle.
En somme, une poche frontale, à palpitations profondes d'instant en instant renouvelées ... l'outil de délivrance.
....
Alors les yeux, latéralement déjetés, se rapprochent, prennent la position normale. La fente du front se reforme ; la poche libératrice rentre pour ne se montrer jamais plus."

Remarque : Les pinkies sont les asticots de la mouche verte de la viande. Avant de se transformer en pupes, ils rosissent d'où le nom, qui vient de l'anglais pink, "rose". Ils sont très appréciés comme appât par les pêcheurs et comme nourriture pour oiseaux de volières.

A propos de mouches : Voir aussi