Malgré la brièveté de son parcours (à peine plus d'1 km), il présente une diversité remarquable. Alimenté par les eaux d'infiltration du plateau, la source (il en existe 2 autres, mais moins importantes)) se trouve à la limite de marne imperméable. Cette eau, chargée de calcaire dissout, va déposer progressivement le carbonate de calcium sur les obstacles de son lit. Celui-ci s'étale d'abord en une large nappe peu profonde, parsemée de pierres, puis à l'approche de sa confluence avec le Suzon, le lit se creuse fortement en sinuosités dans un sol  plus tendre. Le courant s'accélère et des cascades tuffantes jalonnent la fin du parcours dont les trous d'eau (gours) sont d'une pureté cristalline.
                                                                                          M.M.

Au fil de l'eau
 (après les pluies abondantes de la mi-juillet)



La formation du tuf.


Les eaux de ruissellement s'infiltrent d'abord dans les couches superficielles riches en matériaux organiques. La respiration de tous les organismes souterrains (vers de terre, larves d'insectes et autres animaux ... , racines, champignons, fermentation dues aux bactéries) dégagent du gaz carbonique qui reste piégé dans les pores de la terre végétale, si bien que la teneur en CO2 de ces sols peut atteindre 10% alors qu'elle n'est que de 3 pour 10000 dans l'atmosphère libre que nous respirons. Ainsi, l'eau, très chargée en gaz carbonique, a-t'-elle un pouvoir de dissolution énormément accru, d'autant plus qu'à basse température, elle dissout encore plus de gaz carbonique : celle du sous-sol est d'environ 10° en moyenne en toute saison (Progressivement, les fissures s'élargissent par érosion jusqu'à créer tout un réseau de conduits souterrains et de cavités...)

Rendues à l'air libre, les eaux perdent le CO2 qui maintenait le calcium en solution car la température extérieure est en été plus élevée que celle du sol traversé (c'est pourquoi le dépôt ne s'effectue pas en amont du Ru Blanc, l'eau ne s'étant pas encore suffisamment réchauffée). Elles le perdent aussi dans les tourbillons du courant et parce que des mousses spécifiques du genre cratoneuron en prélèvent pour leur développement. Le carbonate de calcium se dépose sous forme de micro-cristaux formant un tuf spongieux, enserrant mousses et débris végétaux, durcissant en séchant, d'où son exploitation autrefois en architecture, car à la fois léger et résistant.

D'après "La Bourgogne : une longue histoire inscrite dans le sol" de Pierre Rat

Le carbonate de calcium


Le carbonate de calcium est très faiblement soluble dans l’eau pure (de l'ordre de 15 à 20 mg/l à 25°C , mais soluble dans l’eau chargée de gaz carbonique (CO2 ou dioxyde de carbone). Or la solubilité des gaz dans l’eau augmente avec la pression et, contrairement à celle de la plupart des solides, diminue lorsque la température augmente. Ceci explique certains phénomènes naturels :

Par exemple, le carbonate de calcium se dépose dans les chaudières et sur le fond des bouilloires. Il se dépose aussi à la sortie des robinets, où la pression diminue brusquement.
Certaines sources, appelées pétrifiantes, aux eaux très riches en dioxyde de carbone, contiennent une très grande quantité de carbonate de calcium. En arrivant à l’air libre, elles perdent leur dioxyde de carbone et déposent en partie le carbonate dissout. Des objets exposés quelques jours à l’action de ces eaux se trouvent incrustés dans une couche de calcite.
Un phénomène analogue explique les concrétions des grottes. L’eau, chargée de dioxyde de carbone, dissout le calcaire des roches qu’elle traverse et, en arrivant au contact de l’air, plus chaud, des cavités, elle dépose la calcite transportée. Celle-ci s’accumule en stalactites aux endroits où l’eau se détache du plafond ou en stalagmites aux endroits où les gouttes d’eau tombent sur le sol.

La biochimie de la sécrétion de leur coquille par les mollusques, et de la formation du squelette chez les animaux, n'est pas encore totalement comprise. Mais il est probable que la teneur des gaz en dissolution joue un rôle primordial.

                                              Extrait d'un article de "Wikipédia"