Réputée l'une des principales villes des Lingons, Til-Châtel , était une des stations militaires des Romains sur la "voie" construite par Agrippa, allant de Chalon-sur-Saône à Langres (le tracé de la N74 suit encore en partie cette voie). Til-Châtel subit les Invasions des Barbares durant cinq siècles, depuis les Huns d'Attila jusqu'aux Hongrois en 937. Le Moyen Âge voit alors se développer la féodalité entraînant la construction du Château et de l'Eglise, piliers de cette société.

Extérieur

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Construite au 12e-13e s., l'église fut remaniée au cours des siècles suivants : elle comporte 2 étages sans triforium (galerie ménagée au-dessus des bas-côtés). De pur style roman, elle présente un plan en croix, dont la tête est orientée vers l'Est et légèrement inclinée vers le Sud-Est par rapport à l'axe de l'ensemble. Le chœur et les chapelles latérales sont de formes arrondies. Leurs voûtes sont en demie coupole ou "cul-de-four".

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L'Église s'ouvre à l'Ouest par un très beau portail :

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  • Au tympan, le Christ en majesté entouré des symboles des quatre Évangélistes (il a été restauré par Viollet-le-Duc au milieu du 19e s.). Il s'agit de l'un des thèmes favoris de l'art religieux : le Tétramorphe. En haut, à droite du Christ, Mathieu, son disciple préféré, est bien à sa place. Il apparaît sous une forme humaine : son évangile débute par la généalogie de Jésus. En haut à gauche, l'aigle représente Jean : rédacteur de l'Apocalypse; c'est un visionnaire, survolant les siècles, évoquant l'oiseau qui plane très haut, au-dessus de sa zone de chasse. En-dessous, Marc et Luc rappellent l'ambiguïté du sacrifice du Christ, mort et résurrection à la fois. Marc, le lion, symbolise la résurrection (selon d'anciens bestiaires, celui-ci transmettait le souffle vital aux petits de la lionne). Luc, le taureau, évoque l'animal sacrificiel par excellence : aux premiers versets de son évangile, il fait allusion à Zacharie qui offre un sacrifice à Dieu pour conjurer la stérilité de son couple. L'on trouve la source d'inspiration du Tétramorphe au début du chapitre IV de l'Apocalypse de Jean. Il précise dans sa vision que devant le trône dressé dans le ciel, semble s'étendre une "mer transparente comme du cristal" : l'on peut en effet observer dans la sculpture, l'ondulation des vagues.
  • Les voussures sont séparées par des cordons de pierre sculptés et retombent sur les colonnes rondes dont la plus remarquable figure un tronc de palmier. De part et d'autre du portail, deux personnages peinent à soutenir le linteau.

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Intérieur

La nef principale est bordée de piliers ornés de chapiteaux remarquables (feuilles d'acanthe, palmettes, bestiaire fantastique, personnages). A gauche, entre 2 piliers, un impressionnant calvaire aux personnages en bois sculpté de l'Ecole italienne (XVIIe s.).

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Le clocher est supporté par une coupole sur trompes (saillies d'angle pour renforcer la voûte). L'abside est percée de trois ouvertures. Au centre du chœur, sous la voûte en "cul-de-four", l'autel de pierre qui servait de base à un autel de bois, œuvre d'un ébéniste et sculpteur langrois de 1790 (il est actuellement au Musée d'Art Sacré de Dijon).

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Texte en partie rédigé d'après la notice paroissiale