Rando des imprévus

Notre arrivée par un chemin détourné au village de Reulle-Vergy, alors que s'y déroulaient les Journées artisanales, ne passa pas inaperçue : l'on nous prit tout d'abord pour des resquilleurs mais notre équipement plaidait en notre faveur.

Alors que nous étions à l'arrêt devant le château d'Entre-deux-Monts, l'une des participantes s'écria : "Tiens, un ballon !" en désignant un objet rond sur le parking en face. Une autre s'en approcha avec curiosité et brandit à pleine main ... un superbe melon "bien à point". Nous n'allions pas déranger le châtelain pour le lui restituer, d'autant que l'entrée était fermée et qu'il n'en était peut-être pas le propriétaire (S'il y avait eu un interphone, j'aurais toujours pu risquer un "N'avez-vous pas perdu un melon?", au risque de m'entendre répondre "Non, je ne porte pas de chapeau").

Munis de ce précieux viatique, nous voilà repartis : la dégustation se fit à Concœur, à l'ombre retrouvée. Au Pays des petits fruits, nous disposions d'un gros fruit qui devenait néanmoins portion congrue pour notre petit groupe. L'on ne put suivre les indications de Bernardin de St Pierre qui, pour argumenter sa conception de la Divine providence, avançait que les côtes d'un melon avaient été prévues par la Création pour en faciliter le partage.

Entre temps, il avait fallu traverser la partie découverte du circuit aux heures les plus chaudes : j'avais oublié ma casquette dans la voiture. Gisèle me confectionna une coiffe avec son foulard aux couleurs vives, ce qui semble-t'-il, ne me donnait pas l'allure d'un forban. Puis, là encore, la providence se manifesta : une casquette perdue fut récupérée opportunément.

Le sol n'étant pas glissant, l'on se détourna pour descendre avec précaution mais grand plaisir, le pittoresque col de Piquemiette (inconnu des cartographes...), mais dont l'accès ne fut pas facile à découvrir.

Dans notre approche de Corboin et dans la forêt de Villars, l'on vit un gros et placide sanglier, sans doute repu d'épis de maïs répandus à profusion, un jeune cerf bondissant et surtout, spectacle exceptionnel, un levreau sur le point d'être rattrapé par un renard lancé à ses trousses. L'on n'a pu assister au dénouement, mais le sort du malheureux ne faisait aucun doute...

Après un arrêt au point de vue, où la pelouse nous offrit sa richesse floristique, retour au village : de l'eau vive pour nous rafraîchir avant de retrouver nos voitures, bien chauffées au soleil ardent.